une contribution du GIEC inattendue : un système unique d’évaluation

novembre 16, 2010

Dominique RAYNAUD, Directeur de Recherche émérite au CNRS et Membre du GIEC : une contribution du GIEC inattendue : un système unique d’évaluation

Le Groupement d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat

Plus connu sous l’abréviation GIEC, cette structure a été créée en 1988.

Les années 80 ont donné lieu à une prise de conscience : l’augmentation progressive du CO2 dans l’atmosphère. En parallèle, le laboratoire de Grenoble travaillait sur la relation entre gaz à effet de serre et températures observées via l’analyse des carottes de glace dans l’Antarctique. Le GIEC est né d’une volonté commune du Programme des Nations Unies sur l’Environnement et de l’Organisation Météorologique Mondiale.

Son objectif

Établir un état d’art pour les gouvernements et le public sur le climat, les conséquences d’un changement climatique et les solutions préconisées. Les experts du domaine (climatologues, glaciologues etc choisis sur nomination des États) sont donc rassemblés pour fournir 2 rapports : l’un très scientifique, l’autre à destination des preneurs de décision. Le processus d’écriture de ces rapports est le suivant : une synthèse des publications internationales scientifiques est effectuée. Ces études sont discutées pour arriver à un consensus sur l’analyse de ces articles. Écrire un rapport dure 4 ans. Il nécessité 4 brouillons, que les scientifiques enrichissent : le 1er pour les experts du domaine (20 pages de texte, 2 000 questions), le 2e pour les ONG et les États, le 3e est ouvert au public, sur le web, et le 4e est un débat politique. Le rapport qui naît de ces différents brouillons se veut donc consensuel. Ainsi, le rapport de 2007 qui a généré le prix Nobel ne dit pas que le niveau des eaux va monter de façon importante, or, on sait pertinemment que ce sera le cas.

Qui sont les experts qui composent le GIEC ?

Un appel d’offre est lancé dans l’ensemble des laboratoires. Les personnes qui le souhaitent peuvent donc déposer leur candidature. La liste des personnes retenues est envoyée à Genève. Le choix final se fait sur la base de critères de représentation des États (équilibre Nord/Sud, pays en voie de développement etc), d’expertise scientifique et socio-économique (il y a aussi des historiens au GIEC !).

Les États cotisent, l’ONU aussi. Les membres du secrétariat à Genève sont rémunérés mais les experts sont bénévoles.

Les États n’interviennent qu’au moment de l’Assemblée Plénière à la fin du rapport. Le GIEC conserve donc une certaine indépendance de fonctionnement. Aujourd’hui, son influence sur la prise de conscience des populations et sur l’évolution de la position des États ne peut plus être niée. Le Rapport de 1990 a en effet débouché sur la signature, au sommet de Rio (1992), de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (UNFCCC-CCNUCC) et celui de 1995 (SAR) sur l’adoption du protocole de Kyoto deux ans plus tard.

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